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Créer des perspectives pour les jeunes de Kinshasa : comment le programme PVJ soutient les compétences, la participation et le développement communautaire

À Kinshasa, le Programme de prévention de la violence juvénile (PVJ) vise à améliorer les perspectives des jeunes par une approche intégrée et participative, qui associe infrastructures pour la jeunesse, formation professionnelle, accompagnement social et participation des jeunes. Mis en œuvre entre 2019 et 2026 dans le cadre de la coopération germano-congolaise, le programme contribue à la prévention de la violence en donnant aux jeunes les moyens de développer des compétences professionnelles et sociales, de s’engager dans leur communauté et de construire un avenir plus favorable.

Créer des perspectives pour les jeunes de Kinshasa : comment le programme PVJ soutient les compétences, la participation et le développement communautaire

L’impact en chiffres

4centres de jeunes aménagés à Kinshasa
3points de rencontre pour les jeunes aménagés
6quartiers dans les communes de Ngaliema et de Masina
1 700+jeunes ont achevé avec succès une formation professionnelle en 2024 et 2025dont 53 pour cent de jeunes femmes

Le PVJ répond à des difficultés liées à la violence des jeunes, à l’accès limité à la formation et à l’emploi, et au manque d’environnements sûrs et structurés où les jeunes peuvent apprendre, se retrouver et participer à la vie de leur communauté. Pour y répondre, le programme associe infrastructures pour la jeunesse, formation professionnelle, appui aux initiatives portées par les jeunes et mesures de renforcement de la participation, de l’appropriation locale et de la cohésion sociale.

Carte des quartiers du programme Les quartiers du programme se situent dans les communes de Ngaliema et de Masina, à Kinshasa.

Relier infrastructures, compétences et participation

Un volet important de cette approche intégrée a été l’aménagement de quatre centres de jeunes et de trois points de rencontre dans six quartiers de Kinshasa : Camp Luka, Gulf Manenga et Mama Yemo dans la commune de Ngaliema, ainsi que Tshuenge, Nzuzi wa Mbombo et Matadi dans la commune de Masina. Ces équipements offrent une base pour la formation, l’engagement des jeunes et les activités communautaires dans des quartiers où l’accès à des lieux sûrs et structurés pour apprendre et participer était jusqu’ici limité.

Les centres offrent aux jeunes des lieux où acquérir des compétences pratiques, se réunir en sécurité, prendre part à des activités organisées et resserrer leurs liens avec la communauté élargie.

Le centre de jeunes de Tshuenge Le centre de jeunes de Tshuenge, à Masina.

Ce lien apparaît dès les premiers cycles de formation professionnelle soutenus par le PVJ, engagés pendant la construction des nouveaux centres. En 2024 et 2025, plus de 1 700 jeunes de Masina et de Ngaliema ont achevé avec succès une formation professionnelle dans des établissements congolais, dont 53 pour cent de jeunes femmes. Les formations couvraient des domaines concrets : informatique, coupe et couture, peinture, carrelage, cosmétique, conduite, esthétique et coiffure, hôtellerie, restauration, pâtisserie et d’autres compétences liées à l’emploi et à l’autonomie.

Les nouveaux centres donnent à ces parcours d’apprentissage un ancrage. Ils offrent le cadre d’une formation structurée et d’un engagement socioculturel dans des communautés où les équipements pour la jeunesse, sûrs, accessibles et conçus pour cet usage, faisaient jusqu’ici défaut.

Pour une jeune participante formée à la peinture, l’effet est devenu tangible après le cours, lorsqu’elle a décroché son premier chantier rémunéré sur une maison. « J’ai été bien payée et cela m’a marquée », raconte-t-elle. Son expérience est un exemple modeste mais parlant de la manière dont l’accès à la formation, associé aux perspectives ouvertes par le PVJ, peut commencer à changer le quotidien d’un jeune.

Le centre de jeunes de Nzuzi wa Mbombo Le centre de jeunes de Nzuzi wa Mbombo, à Masina, construit autour d’un arbre préservé.

Créer des perspectives par la participation

Le PVJ inscrit également la participation des jeunes dans la manière dont les activités sont menées. Dans tous les quartiers ciblés, les jeunes n’étaient pas seulement les futurs usagers des centres : ils ont aussi pris part au chantier. À Camp Luka, Gulf Manenga, Mama Yemo, Nzuzi wa Mbombo, Tshuenge et Matadi, des jeunes du quartier ont participé aux travaux comme ouvriers, acquérant une expérience concrète du chantier, un revenu et un intérêt direct dans les équipements créés chez eux.

À Camp Luka, la construction a commencé en août 2023 et s’est poursuivie tout au long de 2024. Le site est aujourd’hui opérationnel : le centre Kimia, autogéré par l’organisation de jeunesse, offre des espaces de formation dédiés, et un bâtiment scolaire attenant met des salles de classe à disposition des élèves du quartier. Un jeune participant nous raconte que travailler sur le chantier lui a offert une alternative à la rue et un moyen de subvenir à ses besoins par un travail qui a du sens.

Le centre de jeunes Kimia Le centre de jeunes Kimia, à Camp Luka, Ngaliema.

Dans le quartier de Matadi, le point de rencontre Saldemi a été aménagé à côté d’un terrain de sport poussiéreux que les jeunes défendent depuis des années contre l’accaparement foncier, à coups de matchs quotidiens et de compétitions locales de football. Le programme a amélioré les abords par la plantation d’arbres et l’éclairage public, contribuant à transformer un lieu de rassemblement existant en un espace communautaire plus structuré, plus visible et plus utilisable.

Renforcer l’appropriation locale

L’appropriation locale est un autre pilier de l’approche PVJ. Les centres ont vocation à être gérés par les associations de jeunes elles-mêmes, avec l’appui du programme pour renforcer les capacités d’organisation, de gestion et de conduite nécessaires à leur fonctionnement dans la durée. En plaçant les jeunes au cœur de la décision et de la gestion, le programme cherche à favoriser la pérennité et l’appropriation locale, pour que les centres continuent de répondre aux besoins de leur communauté.

Grâce à ces centres, formations, initiatives de jeunes et mobilisation communautaire peuvent se déployer de manière plus structurée et plus durable. Ils donnent aussi aux associations de jeunes une plateforme pour organiser des activités et affirmer leur rôle dans la communauté.

Le point de rencontre Mama Yemo Le point de rencontre Mama Yemo, à Ngaliema.

Poser les bases d’un avenir plus sûr

Le programme PVJ montre comment une approche intégrée peut ouvrir de nouvelles perspectives aux jeunes dans des contextes marqués par la violence et l’exclusion sociale. À Kinshasa, infrastructures pour la jeunesse, formation professionnelle, accompagnement social, participation et appropriation locale ont contribué à renforcer les compétences professionnelles et sociales, l’engagement communautaire et la capacité des jeunes à construire leur avenir.

La valeur de cette approche tient à sa continuité. Un cours de formation, une réunion de jeunes, une projection de film, une activité sportive ou une discussion communautaire demandent plus qu’une intention : ils exigent des structures d’appui et des occasions pour que les jeunes puissent apprendre, participer et se relier à leur communauté.

Pour GOPA Tech, le PVJ souligne l’importance d’associer les investissements matériels à des mesures qui renforcent les compétences, la participation et l’appropriation locale. Ensemble, ces éléments peuvent nourrir la cohésion sociale et soutenir des communautés plus inclusives et plus résilientes.