Projet phare
Protéger les sources en bord de route au Népal
Amélioration de la sécurité hydrique et de la résilience climatique des communautés de montagne au Népal par la protection des sources situées en bord de route : la couverture des besoins en eau des ménages atteint jusqu’à 97 %, les moyens d’existence et la résistance des routes progressent, et le rapport coûts-bénéfices, de 4 à 8 fois l’investissement, confirme une valeur durable.
Le défi
Les sources constituent la principale ressource en eau de plus de 10 millions de personnes dans les collines et les montagnes du Népal ; environ 30 % d’entre elles se sont pourtant taries ces quinze dernières années. Ce déclin tient à la dégradation des bassins d’alimentation, aux changements d’usage des sols, à la déforestation, à l’extension agricole, au changement climatique et à une construction routière mal maîtrisée. Les sources mises au jour lors des travaux routiers restent souvent sans gestion, ce qui les endommage ou les assèche, et la protection des sources en bord de route demeure absente de la planification routière, au détriment de la sécurité hydrique et des moyens d’existence.
Notre objectif
Le projet vise à intégrer la protection des sources en bord de route dans les pratiques locales de développement routier au Népal, en démontrant des approches efficaces et en les déployant. En s’appuyant sur les enseignements de la municipalité de Dhankuta, RoSPro entend généraliser une planification et une gestion routières attentives aux sources, au service de la restauration et de la protection des sources naturelles, d’une meilleure sécurité hydrique et d’infrastructures plus résilientes dans les régions de collines et de montagnes du Népal.
Notre approche
Le projet suit une approche en quatre volets :
1. Mise en œuvre pilote : identifier les sources prioritaires en bord de route dans la municipalité de Dhankuta par des consultations avec les parties prenantes, coconcevoir les mesures de protection et réaliser des interventions pilotes.
2. Suivi et évaluation : mesurer les effets techniques, environnementaux et socio-économiques des interventions, coûts et bénéfices compris, pour produire des données probantes en vue de la reproduction.
3. Mobilisation des parties prenantes : organiser consultations, événement de lancement et ateliers de diffusion pour favoriser la collaboration, sensibiliser et encourager l’adoption de l’approche.
4. Production de connaissances et gestion de projet : élaborer des produits de connaissance, tout en assurant une gestion de projet, un suivi-évaluation, une communication et une diffusion efficaces pour ancrer la protection des sources en bord de route dans les pratiques locales de développement routier.
L’impact en chiffres
RoSPro a amélioré la sécurité hydrique quotidienne, les moyens d’existence et la résistance des routes pour des communautés dépendantes des sources, dans la municipalité de Dhankuta et la municipalité rurale de Chhathar Jorpati. Un meilleur drainage et une meilleure gestion des sources ont réduit les dégâts routiers liés à l’eau et permis de maintenir l’accès aux marchés, aux écoles et aux services de santé. Résultat majeur : l’appropriation locale et la reproduction. Communautés et municipalités ont acquis la confiance et les compétences techniques nécessaires pour appliquer l’approche de façon autonome, ce qui laisse entrevoir un fort potentiel de déploiement dans tout le Népal.
Points forts
- Le projet RoSPro a démontré une approche intégrée, qui protège les sources tout en améliorant les routes rurales dans les régions montagneuses du Népal. Quatre sources en bord de route, dans la municipalité de Dhankuta et la municipalité rurale de Chhathar Jorpati, ont été réhabilitées par des interventions adaptées à chaque site : mesures de recharge, chambres de captage, réservoirs de stockage, systèmes de drainage améliorés, réutilisation des trop-pleins pour l’agriculture et génie végétal pour stabiliser les talus.
- Les évaluations après intervention montrent des progrès marqués en matière de sécurité hydrique : la couverture des besoins en eau des ménages est passée de 53-65 % avant intervention à 92-97 % après. La qualité de l’eau s’est améliorée, 87 % des personnes interrogées signalant des progrès nets, et certaines communautés disposent désormais d’eau jusqu’à 18 heures par jour. Les améliorations routières ont réduit l’érosion, renforcé la connectivité et facilité l’accès aux marchés, aux soins et à l’éducation.
- Les interventions ont aussi produit des bénéfices pour les moyens d’existence : la production agricole a augmenté de 43 %, 36 % des ménages font état de revenus en hausse jusqu’à 25 %, et le temps de collecte de l’eau a diminué de 78 minutes par jour, au bénéfice notamment des femmes. L’analyse coûts-bénéfices confirme la viabilité économique de l’approche : valeurs actuelles nettes positives, taux de rentabilité interne de 44 à 122 % et ratios coûts-bénéfices de 4 à 8.
Paroles du terrain
Nous nous occupons de cette source depuis 10 à 12 ans ; son eau servait à la boisson, aux usages domestiques, au bétail et à l’irrigation, mais depuis 3 ou 4 ans nous constations une baisse. Aujourd’hui, après les interventions, le débit a doublé : il est passé de 15 à 29 litres par minute par rapport à la même période les années précédentes.
Avant, nous devions marcher 30 minutes pour aller chercher l’eau à la rivière voisine, et ce temps était perdu ; c’est aujourd’hui bien plus simple, avec des robinets dans chaque foyer pour la boisson, le bétail et les usages domestiques, ce qui nous fait gagner beaucoup de temps et allège le travail.
Auparavant, nous avions des projets qui portaient soit sur l’eau, soit sur les routes ; celui-ci s’occupe en même temps de protéger et de gérer la ressource et la route, c’est pourquoi il nous plaît beaucoup et que les habitants l’apprécient davantage.

Histoire de réussite
Chitra Maya Tamang
Autrefois, en saison sèche, les familles ne pouvaient pas toujours compter sur la source. Les femmes passaient un temps précieux à gérer l’eau, à raccorder les tuyaux à la main et à s’inquiéter de savoir si les cultures seraient arrosées au bon moment. Les pois et d’autres légumes étaient parfois perdus quand l’eau arrivait trop tard.
Avec RoSPro, Chitra Maya et d’autres membres de la communauté ont contribué à protéger la source, à raccorder des points d’eau nouvellement découverts, à construire des ouvrages de captage et de stockage et à creuser des tranchées de recharge en amont. Elle a aussi expliqué pourquoi ces tranchées ont des parois en pente : pour ralentir l’eau, limiter les dégâts et permettre aux animaux d’en ressortir sans danger.
Le changement se voit au quotidien. À Bojhe, la couverture des besoins en eau des ménages est passée de 55 % à 90 %, et le service depuis le réservoir de 1 à 4 heures par jour. Les agriculteurs cultivent désormais davantage de productions à forte valeur : pois, pommes de terre, choux et choux-fleurs ; la production de pommes de terre a augmenté de 68 % et celle de pois de 53 %. Pour Chitra Maya et ses voisins, la protection de la source a apporté plus que de l’eau : du temps, du revenu, de la sécurité alimentaire et de la confiance.
Trésorière du comité des usagers de la source de Bojhe
Particularités
Dans les médias
- Cycle de webinaires Green Roads avec la BAsD : protéger les sources en bord de route pour améliorer la sécurité hydrique et la durabilité des routes
- Introducing roadside spring protection to improve water security (RoSPro) – Partners for Water
- Innovation in Progress: Securing water sources through roadside spring protection in Nepal – Partners for Water
Impressions





