Timothy Wesonga et le travail global de GOPA sur l’approche Une seule santé
L’approche Une seule santé vise à optimiser durablement la santé des personnes, des animaux, des plantes et des écosystèmes, en traitant les menaces sanitaires de manière intégrée et unifiée, par-delà les frontières et les secteurs. Nous avons rencontré Timothy Wesonga, conseiller Une seule santé et préparation aux pandémies chez GOPA, qui partage ci-dessous ses principaux enseignements sur le sujet.
Q : Parlez-nous de votre parcours et de votre expérience avant GOPA.
Timothy Wesonga : Je travaille à renforcer la capacité des régions à répondre aux flambées épidémiques. J’ai commencé ma carrière comme expert en santé animale, avant de me tourner vers la santé environnementale. J’ai toujours eu à cœur de répondre aux épidémies dans la région. La zone dont je viens a connu de nombreuses flambées, notamment du fait du changement climatique et de la dégradation de l’environnement, qui ont accentué les interactions entre humains, faune sauvage et animaux domestiques.
Q : Qu’est-ce qui nourrit votre engagement chez GOPA ?
TW : Le travail d’équipe compte beaucoup pour moi. J’apprécie l’approche professionnelle de GOPA et le fait qu’il y ait toujours quelqu’un à consulter pour progresser. Je mesure aussi la confiance que GOPA me témoigne : avec cet esprit d’équipe et ces échanges entre professionnels, je me sens efficace dans les missions que je mène.
Q : En quoi le travail de GOPA reflète-t-il les principes d’Une seule santé, en articulant santé humaine, animale et environnementale ?
TW : Une seule santé, c’est avant tout une approche multisectorielle et pluridisciplinaire. C’est une manière globale d’aborder les défis. Chez GOPA, différentes équipes sont spécialisées dans divers domaines. Par exemple, je travaille sur Une seule santé et la préparation aux pandémies, mais je collabore aussi avec des collègues de la pêche et d’autres secteurs. Les différentes facettes de GOPA sont bien coordonnées. Il y a une gouvernance efficace, de la collaboration et du partage de connaissances entre secteurs, ce qui nous facilite la tâche face aux menaces de santé publique. Cette coordination reflète les principes d’Une seule santé, et c’est ce qui rend mon travail chez GOPA à la fois gratifiant et efficace.
Q : Quelles stratégies sont les plus efficaces pour traiter les défis liés entre santé humaine, animale et environnementale ?
TW : Pour être efficace sur les initiatives Une seule santé, il faut des stratégies centrées sur les politiques publiques et la législation, qui organisent la coordination et la collaboration. Un système coordonné, qui encourage les interactions entre secteurs, est déterminant. Les partenariats, surtout au niveau local, sont également essentiels. Il faut comprendre le contexte dans lequel évoluent les acteurs pour travailler efficacement avec eux, qu’il s’agisse de bailleurs, d’acteurs techniques ou des bénéficiaires eux-mêmes.
Face à une flambée épidémique, par exemple, il est indispensable d’associer la communauté locale à la surveillance, à la préparation et à la réponse. Si la communauté est au cœur du projet, ses chances de réussite augmentent. Autre stratégie importante : faire connaître les activités Une seule santé aux jeunes, pour qu’en grandissant ils en aient déjà compris le principe.
Q : Pouvez-vous donner un exemple de cadre institutionnel créé ou mis en place par GOPA en cohérence avec les objectifs d’Une seule santé ?
TW : Lors d’une mission récente dans la Communauté d’Afrique de l’Est, couvrant des pays comme le Kenya, l’Ouganda, la Tanzanie, le Burundi, le Rwanda et désormais la République démocratique du Congo et la Somalie, nous avons travaillé sur un projet intitulé « Support to Pandemic Preparedness in East Africa ». L’un des objectifs clés était d’intégrer l’approche Une seule santé dans le système. Pour y parvenir, il fallait obtenir une adhésion politique, ce qui n’était pas simple. Nous avons dû examiner les expériences passées de réponse aux épidémies en Afrique de l’Est et ailleurs. L’un des meilleurs exemples dont nous nous sommes inspirés est l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest. Avec cette approche, nous avons pu commencer à intégrer Une seule santé dans les cadres politiques et institutionnels de la région, pour une réponse plus coordonnée et plus efficace aux futures flambées.
Q : Comment voyez-vous l’avenir d’Une seule santé et le rôle que GOPA peut y jouer ?
TW : L’avenir est du côté d’Une seule santé. Cette approche sera déterminante pour répondre efficacement aux menaces de santé publique et aux pandémies. Elle permet d’économiser des ressources, mais elle est aussi plus stratégique et plus profitable que d’autres approches. Tous les grands acteurs doivent s’en emparer, en misant sur la coordination, la collaboration, les partenariats et la prise en compte des réalités culturelles. Des acteurs de nature différente doivent aussi coopérer en matière de recherche et d’innovation. Chez GOPA, nous travaillons étroitement avec l’Organisation mondiale de la santé et d’autres organisations comme conseillers techniques, en montrant qu’une approche Une seule santé, intersectorielle, est bien plus efficace que des secteurs qui traiteraient chacun de leur côté les enjeux de santé animale, humaine et environnementale.
(Publié initialement le 27 septembre 2024. Des mises à jour ont été apportées pour refléter la marque actuelle.)