Dans plusieurs zones du sud-ouest du Burkina Faso, l’accès fiable à une eau potable sûre reste sous tension. En de nombreux endroits, des infrastructures vieillissantes, une capacité de production limitée et une demande croissante empêchent les systèmes d’eau de suivre le rythme, d’où des pénuries et des coupures récurrentes. Pour les communautés concernées, cela pèse concrètement sur le quotidien : incertitude sur l’accès des ménages, mais aussi effets plus larges sur la santé et la vie sociale liés à un approvisionnement peu fiable.
Le programme Approvisionnement en eau potable et assainissement, AEPA-4R, a été conçu pour répondre à ces difficultés. Piloté par l’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA), avec l’appui de la coopération allemande au développement via le BMZ et la KfW et en coordination avec le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques, animales et halieutiques, il vise à améliorer durablement l’accès à l’eau potable et à l’assainissement dans 16 villes petites et moyennes des régions du Bankui (anciennement Boucle du Mouhoun), du Tanunyan (anciennement Cascades), du Guiriko (anciennement Hauts-Bassins) et du Djôrô (anciennement Sud-Ouest). Doté d’un financement total de près de 31 milliards de FCFA, dont 1,7 milliard de FCFA de l’État, le programme associe investissement dans les infrastructures et effort plus large pour rendre les systèmes d’approvisionnement plus fiables et plus résilients face à une pression climatique et démographique croissante, tout en soutenant une gestion durable des ressources en eau sur le long terme.
Au sein de ce programme, la phase d’investissement en cours représente un volume global d’environ 40 millions d’euros et devrait, une fois pleinement réalisée, offrir un service d’eau potable plus fiable à environ 800 000 personnes. GOPA Tech GmbH intervient comme consultant de l’ONEA pendant la mise en œuvre et accompagne le programme par des études de faisabilité, des études d’avant-projet et de projet détaillé, la préparation des dossiers d’appel d’offres, l’assistance pendant la passation, la supervision des travaux, ainsi que la conception et l’exécution des mesures d’accompagnement.
À ce jour, le programme a déjà produit des résultats visibles dans plusieurs villes. Dans 12 villes, 42 forages ont été réalisés, ce qui accroît la disponibilité en eau potable et consolide les systèmes d’approvisionnement locaux. Niangoloko a également bénéficié d’une extension substantielle de ses infrastructures, avec 65 km de canalisations posées, 2 100 branchements privés installés et 8 bornes-fontaines mises en service. Parallèlement à ces investissements matériels, un programme de sensibilisation à l’hygiène a été déployé dans toutes les villes bénéficiaires, pour promouvoir les bonnes pratiques et faire en sorte que les infrastructures produisent des bénéfices durables.
Renforcer la production et la distribution d’eau
Une étape majeure a récemment été franchie avec l’inauguration de nouvelles infrastructures d’eau potable desservant Banfora et Bérégadougou. Les travaux augmentent nettement les capacités de production comme de distribution et contribuent à lever des contraintes d’approvisionnement anciennes dans la zone.
Les nouvelles installations comprennent des conduites d’adduction d’eau brute, une station de traitement, des ouvrages de stockage d’une capacité totale de 1 650 mètres cubes et une extension de 178 kilomètres du réseau de distribution, autant d’éléments qui renforcent la capacité opérationnelle du système d’alimentation en eau de l’ONEA. Avant le projet, la capacité de production à Banfora était d’environ 200 mètres cubes par heure. Avec les nouvelles installations en service, elle est passée à plus de 600 mètres cubes par heure, ce qui donne au système une bien plus grande marge pour répondre à la demande croissante à Banfora et dans les localités environnantes.
À Banfora et Bérégadougou, les travaux achevés rendent l’impact du projet particulièrement tangible. La station de traitement d’eau potable a été réhabilitée et étendue à une capacité de 600 m³/h ou plus, tandis qu’un système d’adduction d’eau brute a été construit depuis le canal SN-SOSUCO. Côté stockage, Banfora dispose désormais d’un réservoir en béton armé de 850 m³ et d’un château d’eau de 500 m³ monté sur une structure de 17 mètres, et Bérégadougou d’un château d’eau de 300 m³ sur une structure de 15 mètres. La distribution a été renforcée par l’extension de 178 km du réseau, l’installation de 2 865 branchements privés et l’ajout de 26 bornes-fontaines. Les entreprises DENYS NV et PPI/CGC ont participé à la réalisation de ces travaux. Sur le plan social et environnemental, 1 003 personnes affectées ont été indemnisées, aucune plainte majeure ni accident de circulation n’a été signalé, et un plan de reboisement a été validé et mis en œuvre, aux côtés de mesures d’amélioration de la gestion foncière.
Lors de la visite des installations, le ministre en charge du secteur s’est félicité de la rapidité de mise en œuvre et de la qualité des ouvrages, indiquant que les autorités étaient « vraiment satisfaites » de ce qui avait été livré. Il a également souligné la portée concrète de ces améliorations, affirmant qu’il ne devrait « plus y avoir de pénuries d’eau ni de coupures » à Banfora et dans les villages alentour, tout en insistant sur l’importance des bornes-fontaines publiques nouvellement installées pour les communautés des zones encore peu équipées. Les représentants de la coopération allemande ont eux aussi décrit cet investissement comme une intervention structurante de long terme, parlant d’« un investissement structurant, un projet d’infrastructure fondateur » conçu pour soutenir l’approvisionnement en eau durant les années à venir.
La visite a également porté sur la prise d’eau près des dômes de Fabédougou ainsi que sur plusieurs bornes-fontaines publiques nouvellement installées, qui offrent désormais des points d’accès essentiels dans des quartiers où les branchements domestiques ne sont pas encore disponibles.

Améliorer l’accès à l’eau pour les communautés locales
L’importance du projet ne tient pas seulement à l’ampleur des infrastructures, mais à la différence qu’elles font au quotidien pour les personnes et les communautés. Là où l’accès était limité ou aléatoire, se procurer de l’eau demandait souvent du temps, des efforts et beaucoup d’incertitude. Avec l’extension du réseau de distribution et l’installation de nouvelles bornes-fontaines publiques, l’eau est désormais disponible plus près des lieux de vie. La corvée quotidienne s’allège et l’accès devient plus sûr pour des ménages jusqu’ici mal desservis.
À Banfora et Bérégadougou, environ 187 000 personnes bénéficient directement de ces investissements. Capacité de production accrue, nouveaux branchements domestiques, bornes-fontaines supplémentaires et approvisionnement mieux sécurisé améliorent la fiabilité du service d’eau potable dans les deux villes. Les bénéfices s’étendent aussi aux écoles, aux centres de santé, aux groupements de femmes et aux comités locaux de gestion, reliant l’amélioration des infrastructures à un appui communautaire et à des actions de sensibilisation plus larges.
Le projet a également renforcé la résilience des systèmes d’eau face aux pressions liées au climat. L’implication active des communes et le renforcement des capacités locales contribuent à une gestion durable des ouvrages, tandis que les mesures d’accompagnement social, dont l’indemnisation des personnes affectées et le traitement des plaintes, ont favorisé l’adhésion des communautés. Les représentants de l’ONEA ont souligné que l’augmentation de la capacité de production et l’extension du réseau permettront au système d’assurer un approvisionnement plus stable et plus fiable à Banfora et Bérégadougou, réaffirmant l’engagement de l’office à répondre aux besoins locaux et notant que « la capacité de l’ONEA est plus que suffisante pour alimenter la population en eau ».
Le projet met aussi en lumière une dimension des infrastructures d’eau qui dépasse la seule fourniture d’un service. Un accès fiable à l’eau potable favorise de meilleures conditions de vie, réduit l’exposition aux maladies hydriques et améliore l’hygiène domestique. Les bénéfices se font sentir au-delà du point d’eau : un approvisionnement plus fiable soutient la santé publique, aide à préserver les moyens de subsistance locaux et améliore concrètement le quotidien.

Un partenariat au service d’infrastructures durables
Le programme illustre une coopération étroite entre institutions nationales et partenaires internationaux du développement engagés dans le renforcement des services publics essentiels. La coopération allemande au développement a apporté près de 23 milliards de francs CFA au projet, en appui à des investissements dans des infrastructures d’eau conçues pour répondre à la demande actuelle comme future. Comme l’ont rappelé les représentants lors de la visite, les travaux ne se veulent pas une réponse immédiate, mais une infrastructure pensée dans la durée, « en regardant 5, 10, voire 15 ans devant », afin de sécuriser l’approvisionnement en eau sur le long terme. Au sein du programme, GOPA Tech apporte appui technique et expertise et contribue à la mise en place de systèmes d’alimentation en eau durables et fiables dans toute la zone du projet.
Poser les bases d’un accès plus fiable
Prises ensemble, les réalisations d’AEPA-4R dans le sud-ouest du Burkina Faso représentent bien plus qu’une extension d’infrastructures. Elles montrent comment l’investissement dans les services publics peut se traduire par des améliorations concrètes, ressenties au quotidien : un accès plus fiable, une eau plus propre, moins de temps passé à la collecter et de meilleures conditions pour la santé et le bien-être.
À mesure que le programme se déploie sur un territoire plus large, les travaux achevés à Banfora, Bérégadougou et Niangoloko offrent un exemple clair de ce que permettent des systèmes d’eau consolidés. Au-delà des infrastructures elles-mêmes, ils dessinent un service public plus fiable et des bénéfices durables pour les communautés qui en dépendent. Le projet constitue à ce titre un modèle utile pour des initiatives comparables à l’échelle nationale.