Dans le cadre du Centre germano-colombien de formation à l’agroécologie, financé par le BMLEH, Bernd Schwang, chef du département des projets de coopération bilatérale internationale (BKP), et Hans Peter Lampen, chargé de mission principal pour l’Amérique du Nord, centrale et du Sud, se sont rendus sur des sites du projet dans la région de Boyacá. La délégation du BMLEH était accompagnée du Dr Andreas Gramzow et de Denis Ünver, de GFA.
En un an, l’équipe du projet, avec les partenaires opérationnels AGROSAVIA et l’Institut Julius Kühn, a mené plus de 12 projets de recherche participative avec diverses associations d’agriculture agroécologique dans plusieurs régions du pays. Cette recherche participative couvre des sujets variés : commercialisation des produits agroécologiques, gestion agroécologique des pâturages, production de pommes de terre indigènes ou encore chaîne de valeur du cochon d’Inde. Outre la région de Boyacá, le projet est actif dans la vallée du Cauca, à Palmira, et à Nariño.
Asogranjas est une organisation paysanne féminine à but non lucratif installée à Sogamoso, fondée il y a plus de dix ans par des productrices engagées dans l’agriculture et l’économie solidaire. L’organisation coordonne la production sur de petites parcelles, mutualise les moyens pour participer aux marchés paysans et prépare divers produits alimentaires, comme les hayacas, les tamales, le mazato de maïs ou les mantecadas.
Coagros (coopérative des producteurs agricoles et artisans de la municipalité de Tutazá, Boyacá). Cette organisation est reconnue par les instances nationales et départementales pour sa contribution au développement agricole et artisanal de la région ; elle réunit 40 foyers agricoles. Depuis sa création, la coopérative promeut la production de semences de pomme de terre certifiées, sous licence de l’Institut colombien de l’agriculture et de l’élevage (Instituto Colombiano Agropecuario, ICA). Coagros participe actuellement à des programmes publics d’appui et de valorisation, notamment autour de la production et de la commercialisation de pommes de terre indigènes. Parallèlement, la coopérative avance dans un processus de transition agroécologique centré sur ces variétés, en combinant pratiques agroécologiques durables, savoirs locaux et traditions productives.
El Convite Campesino est une organisation portée principalement par des jeunes, réunissant une quarantaine de familles paysannes de Boyacá qui travaillent à la production agroécologique, à la transition vers des pratiques durables et à la conservation de l’environnement. L’organisation s’articule autour de trois axes : les circuits courts de commercialisation, l’École paysanne agroécologique et les processus de transition agroécologique. Le premier vise à rapprocher producteurs et consommateurs par des relations de confiance et des prix justes. L’École paysanne agroécologique, quant à elle, est un espace d’échange, de production et de réappropriation des savoirs, à travers des ateliers théoriques et pratiques sur des sujets tels que la fabrication d’intrants, la conduite des jardins et la conservation de l’environnement.
Outre la visite de terrain de trois jours, le comité de pilotage du projet s’est réuni au ministère colombien de l’Agriculture et du Développement rural (MADR), en présence de la vice-ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, Geidy Ortega. Le comité a pris connaissance de l’avancement du projet et a discuté et validé le plan opérationnel annuel pour 2026. L’accent portera sur l’approfondissement des processus de recherche participative dans les régions déjà couvertes, la formation des agriculteurs et des agents de vulgarisation des organisations participantes aux principes et pratiques agroécologiques, la communication des résultats et des enseignements des projets de recherche participative, l’appui au MADR colombien dans la mise en œuvre de la politique nationale d’agroécologie à travers des dialogues bilatéraux et des plateformes nationales, et la préparation de l’extension des activités à d’autres régions.
De manière générale, le projet a beaucoup progressé et ses résultats sont prometteurs : les processus participatifs, le renforcement des capacités en pratiques de production durables et le conseil au niveau politique sont mis en œuvre avec succès. Plus de 1 000 agriculteurs et agents de vulgarisation ont déjà été formés aux approches et pratiques agroécologiques. Les deux partenaires politiques, le MADR colombien et le BMLEH allemand, sont convenus d’approfondir encore la collaboration et de renforcer l’échange technique bilatéral entre les deux pays.